La prévention la plus fondamentale : l’éducation prénatale créatrice

La prévention la plus fondamentale : l’éducation prénatale créatrice

Par Marie-Andrée BERTIN
Enseignante, présidente de l’O.M.A.E.P.
Organisation Mondiale des Associations pour l’Éducation Prénatale
A la journée  » Pédiatrie  » du Centre d’Etudes Homéopathiques de France
Paris, le 12 janvier 2002

Camira et sa mamanJe remercie très vivement les organisateurs de cette journée de me donner l’opportunité de parler à des pédiatres, de plus homéopathes, c’est-à-dire traitant l’enfant dans sa globalité, en interaction avec son entourage et en particulier sa mère.
Je ne suis pas moi-même médecin mais une ancienne directrice d’école maternelle chargée de la formation des maîtres. J’ai aussi toujours considéré le jeune enfant dans sa globalité, c’est-à-dire dans son individualité, son essence propre, en interaction, non seulement avec le milieu scolaire, mais également avec son entourage familial, voire son environnement social et culturel.

Au cours de ma carrière, en tant qu’éducatrice généraliste de l’enfant, de la fratrie, et en connivence avec les mères qui – surtout lorsqu’elles étaient en difficulté – me faisaient des confidences, j’ai pu constater des correspondances évidentes entre les problèmes de certains enfants – ou parfois un talent particulier – et la façon dont elles avaient vécu leur grossesse.

Dans les années 80-81-82 ont commencé à être publiées des études sur la sensorialité fœtale(1), les empreintes affectives positives ou négatives qu’il reçoit(2) et un groupe de personnes : médecins, sages-femmes, infirmières, puéricultrices, éducateurs de tous niveaux et parents, qui avaient fait des remarques analogues aux miennes dans l’exercice de leur métier ou dans leur propre famille, ce groupe donc a pensé qu’il serait utile de créer une association qui rassemblerait ces études – éparpillées chacune dans leur domaine – en un tout cohérent à diffuser auprès des futurs parents, des jeunes, du public.

Pour ma part, j’avais travaillé, à l’Université de Besançon, avec le Pr Hubert Montagner et constaté qu’il fallait au moins 20 ans avant que les découvertes de laboratoires soient incorporées aux programmes de formation des professionnels susceptibles de les utiliser dans leur pratique et un temps plus long encore avant qu’elles ne parviennent à la population.

Cette association française se voulait un pont entre la recherche et la vie quotidienne des gens. Elle a organisé trois symposium internationaux à partir desquels se sont formées des associations analogues en d’autres pays. Seize existent actuellement, sur 3 continent et sont regroupées dans l’O.M.A.E.P.

Pourquoi avoir choisi ce terme d’Éducation Prénatale, souvent mal compris au premier abord ? Parce que nous n’en avons pas trouvé de meilleur, de plus juste. Mais il nous faut chaque fois redéfinir l’éducation en la distinguant de l’instruction :

  • L’instruction est la transmission de savoirs et de savoir-faire. Elle utilise des méthodes d’apprentissage. Or, il n’y a rien à apprendre au fœtus. Tenter de le faire comme certains Américains à l’aide de cassettes portées sur son ventre par la femme enceinte serait artificiel, arbitraire, et dangereux.
  • L’éducation concerne le développement des potentialités de l’enfant et son adaptation au monde. L’éducation prénatale dont nous parlons est celle qui s’opère naturellement au sein des processus de la grossesse. Sa réalité émerge des études pluridisciplinaires lorsqu’elles sont rassemblées. Celles-ci montrent qu’au cours de la phase prénatale de sa vie, l’être humain construit les toutes premières bases de sa santé, de son affectivité, de ses capacités relationnelles, de ses facultés cognitives, voire de sa créativité.

Si les futurs parents reçoivent ces informations, ils ont la possibilité de positiver cette éducation naturelle en fournissant à l’être qui se forme les meilleurs matériaux, physiques, affectifs, mentaux et spirituels, les meilleures conditions, afin qu’il développe au mieux, au sein des processus naturels et selon sa dynamique propre, les potentialités incluses dans son capital génétique.
Informés, les futurs parents peuvent devenir, avec la nature, co-créateurs de leur enfant, en toute liberté et responsabilité, et établir avec lui le lien qui est le leur, selon leur propre nature et leur propre culture.

C’est très épanouissant pour l’enfant – le Pr Relier(3) dont vous parliez tout à l’heure disait dans l’un de nos symposium que de toutes les stimulations dont pouvait bénéficier l’enfant, l’amour était la plus importante – mais c’est aussi très bénéfique pour la mère, le père, le couple qu’ils forment, la famille qu’ils créent et par voie de conséquence, pour la société toute entière.
En se gardant bien sûr de l’illusion d’être un parent parfait et de  » fabriquer  » un enfant parfait.

Cette coopération avec la nature est une motivation positive qui balaie dans la grande majorité des cas les peurs et les angoisses. Quels sont les 2 facteurs essentiels générateurs des angoisses courantes ? L’ignorance et le sentiment de son impuissance. Les remèdes apportés : une connaissance globale et des suggestions simples à vivre au quotidien, à titre d’exemples, ce qui n’a rien à voir avec une morale qui dit  » il faut « .

En ce qui concerne les cas difficiles, voire pathologiques, de femmes qui ne parviennent pas à assumer leur maternité, le Dr Jean-Marie Delassus(4), initiateur de la maternologie, apporte une aide précieuse. L’homéopathie offre également des remèdes personnalisés et efficaces.

TRANSMETTRE LA VIE EST UNE ŒUVRE CRÉATRICE

Mais faire savoir à tous les futurs parents, à tous les jeunes que transmettre la vie est une œuvre créatrice, c’est leur permettre de dépasser leurs limites habituelles et de libérer leurs énergies créatrices.
La connaissance de l’éducation prénatale acquiert son maximum d’efficacité lorsqu’elle est communiquée aux jeunes bien avant qu’ils ne soient en attente d’enfant(A).
J’ai rencontré beaucoup de jeunes gens dans les lycées, les collèges, même les écoles primaires. Les adolescents du second degré avaient reçu des informations sur la contraception et le sida – c’est important – mais souvent d’une façon froide et technique qui les désespère.  » Tu sais Maman, l’amour ça se résume à un préservatif  » disait à sa mère un garçon de 15 ans en rentrant du lycée.  » Je voudrais qu’il vous entende parler de la vie, de la joie, de l’amour  » disait-elle.
Je puis vous affirmer qu’ils sont ravis, au sens fort du terme, en France et dans tous les pays que j’ai visité, d’entendre parler, enfin, de la vie.

Cette découverte du lien mère – enfant – père, dès avant la conception, les fait mûrir, les transforme, les responsabilise par rapport à leur propre vie et à la recherche du ou de la partenaire. L’amour et la sexualité sont d’un intérêt majeur à cet âge et mériteraient eux aussi beaucoup d’informations et d’échanges. Quant aux enfants qu’ils auront plus tard, ils sont souvent présents dans l’imaginaire des filles, plus rarement dans celui des garçons occupés d’autres choses, mais pour les uns et les autres, ils sont soudain plus proches et éveillent en eux un sentiment de responsabilité.
Si je leur parle simplement, directement, avec mon cœur de femme et mes tripes de mère, c’est en leur présentant des observations et des recherches scientifiques.

Ces recherches, vous les connaissez (voir bibliographie) :

  • Nous avons regroupé dans cette brochure  » le vie prénatale influence-t-elle notre vie ?  » celles qui peuvent être le plus utiles aux praticiens et aux futurs parents(B).
  • Vous trouverez aussi la thèse condensée de Sylvie Richard pédiatre homéopathe à tours. Titre : « l’influence du vécu émotionnel de la femme enceinte sur la santé et le tempérament du nourrisson »(C).
  • Ces deux livres publient les conférences de spécialistes internationaux données au cours de deux congrès mondiaux sur l ‘éducation prénatale, à Grenade puis Athènes (D- E).
    Cependant, j’aimerais les globaliser rapidement et évoquer les plus récentes.

Sur le plan physique le fœtus construit son corps avec les matériaux apportés par le sang de la mère, lui-même imprégné de ses émotions et de ses pensées. L’enfant absorbe tout, sans avoir la possibilité de faire un tri entre ce qui est profitable et ce qui est nocif. C’est à la mère de faire ce choix. A elle de proscrire les substances nuisibles : alcool, tabac, et autres drogues… et de privilégier les aliments vivants et vitalisants : fruits, légumes, céréales, sans oublier les poissons des mers froides dont les acides gras sont si précieux pour la construction du cerveau du bébé humain. A elle aussi de bien oxygéner son sang par une respiration aussi importante que la nutrition. Les conseils de son médecin sont sur ces points irremplaçables.

Au niveau des cinq sens, ces antennes qui nous relient au monde et alimentent nos activités intellectuelles, des choix aussi sont à faire. Les capacités sensorielles du fœtus sont dynamisées, les organes des sens renforcés, leurs fonctions affinées par les stimulations correspondantes – notamment tactiles et auditives – qui viennent de la mère et, à travers elle, du père et de l’environnement.
Les influences sonores ont été les plus étudiées. Voici quelques connaissances dont les futurs parents peuvent s’inspirer, et dès le début de la grossesse.
En effet, le Dr Tomatis a démontré que le fœtus, bien avant que l’oreille interne ne soit mature (vers 6 mois d’âge gestationnel), perçoit les vibrations sonores par toutes ses cellules, à la manière d’un sourd qui peut être fatigué par un bruit qu’il n’entend pas – se souvenir aussi que les cellules de notre peau ont même origine que les cellules cilices de la cochlée(5).

 » Si la femme enceinte, nous dit Marie-Louise AUCHER, ajoute le chant à la voix parlée, elle va provoquer des résonances beaucoup plus intenses, un impact physique et neurologique puissant. C’est beaucoup plus dynamisant et équilibrant pour l’enfant. C’est aussi très tonifiant pour la mère. « (1)
Et que dire si le père chante avec elle et si toute la famille apporte sa richesse vocale !

D’autre part, l’audition fréquente par la mère – et l’enfant – d’une musique douce, structurée et structurante, est bénéfique à l’un comme à l’autre.

Un médecin anglais, Mme Michèle CLEMENTS, a étudié les réactions des fœtus à différentes musiques. Ainsi, BRAHMS et BEETHOVEN les agitent, alors que MOZART et VIVALDI les apaisent. MOZART est très aimé, surtout pour ses œuvres de jeunesse. Quant au rock, il déchaîne le fœtus. On a vu des futures mamans obligées de quitter une salle de concert de rock tant elles recevaient des coups de pieds insupportables. Les travaux de Marie-Louise AUCHER nous aident à comprendre pourquoi. Les basses, très fortes dans ce genre de musique, martèlent le bas de la colonne vertébrale de la mère et atteignent directement et trop fortement l’enfant qui réagit, qui se défend.
Il y a donc nécessité pour la mère de choisir une musique qu’elle aime, certes, mais en se mettant à l’écoute des réactions de son bébé.

Une audition répétée peut même conduire à un véritable apprentissage. Un chef d’orchestre américain, Boris BROT, était un jour interviewé à la télévision. On lui demanda d’où venait son goût pour la musique. Il répondit que ce goût était en lui bien avant sa naissance. Lorsqu’il étudiait certaines œuvres pour la première fois, il connaissait la partition de violoncelle avant même d’avoir tourné la page. Il ne comprenait pas du tout ce phénomène. Il en a parlé à sa mère, qui, tout à fait « par hasard » était violoncelliste. Elle a cherché dans ses programmes. Les morceaux dont son fils savait par cœur la partition de violoncelle, étaient ceux qu’elle avait étudiés, répétés, quand elle l’attendait.
Ceci nous prouve qu’il y a eu enregistrement précis et mémorisation durable. RUBINSTEIN, Yehudi MENUHIN, Olivier MESSIAEN ont fait des confidences analogues. Que ne peut-on interroger MOZART ?

Personne ne se risquerait à garantir à une future mère qui écouterait et ferait beaucoup de chant et de musique pendant sa grossesse, qu’elle mettra au monde un compositeur, un virtuose, une cantatrice, mais elle peut être certaine d’avoir sensibilisé son enfant à l’art sonore. Au-delà d’éventuelles compétences en ce domaine, elle lui en aura donné le goût, et cette richesse l’accompagnera tout au long de sa vie.

Dans le domaine sensoriel également, n’user d’aucun artifice, offrir le meilleur à l’enfant en enrichissant sa propre vie, en se nourrissant soi-même de la beauté des sons, des formes, des couleurs, des œuvres d’art, de la nature où tout chante, où tout vibre.

Sur le plan affectif, l’enfant partage les émotions de sa mère. Nous savons depuis plusieurs décennies qu’elles lui sont communiquées par les hormones de stress (adrénaline et cotecholamine) ou de détente, de peur ou de confiance, de joie et de bonheur (les endorphines, l’ocytocyne, hormone de la convivialité, du contact aimant)(6). Ces hormones créent chez l’enfant des états physiologiques correspondant aux émotions maternelles. Si ces états se répètent souvent, ils créent des prédispositions de caractère.
La future mère devra donc éviter les conversations, les lectures, les musiques, les spectacles violents ou déprimants.

Elle a besoin d’être rassurée aussi.
Si elle ressent des peurs, des doutes, des ambivalences, qu’elle sache qu’ils sont normaux. Qu’elle n’en éprouve aucune culpabilité. Qu’elle sache les accepter et lâcher prise – des techniques comme le yoga, la sophrologie, la psychophonie, peuvent l’y aider – puis qu’elle recherche tout ce qui lui rendra sa joie de vivre et la certitude enthousiasmante d’être, avec la nature, co-créatrice de son enfant.

Mais la vie d’aujourd’hui apporte souvent au couple, à la mère, des difficultés, des occasions de colère, de révolte – maladies ou chagrins peuvent survenir et affecter la mère. L’enfant le ressentira-t-il ? Oui, on ne peut l’éviter. Mais la mère doit savoir qu’elle possède ce que Thomas Verny, psychiatre à Toronto, appelle  » un bouclier protecteur  » pour son enfant, c’est celui de son amour. Qu’elle lui explique ce qui se passe, comme le recommande Françoise Dolto. Qu’elle le rassure. Cet effort courageux sera bon pour elle et l’enfant enregistrera que la vie a des coups durs, mais qu’on peut les surmonter. Les bases d’un caractère fort seront dès lors posées en lui. Il sera ainsi, dès la période prénatale, doté des fondements de cette capacité de résilience dont parle Boris CYRULNICK, cette capacité que possèdent les êtres qui se sont précocement structurés dans l’amour et la confiance, de se reconstruire après un choc déstabilisant.

Le rôle du père est aussi très important. Il peut communiquer avec l’enfant par la voix et le toucher (haptonomie), surtout lui donner joie et confiance à travers une mère heureuse et en sécurité.

Et les pensées de la mère influencent-elles aussi l’enfant ?
Oui, affirment Marie-Claire BUSNEL et son équipe de l’Université Paris V. Après avoir étudié en laboratoire et depuis de nombreuses années l’audition fœtale, ces chercheurs ont constaté que  » le fœtus réagit aussi bien à la pensée de la mère qu’à sa parole  » – Non pas s’il s’agit d’un futile bavardage intérieur mais si cette pensée a une certaine densité, un sens et une présence réels.
Voilà qui invite la future mère à utiliser la puissance de son imagination créatrice pour faire cadeau à son enfant des plus belles images qui soient et le sensibiliser aux plus belles qualités humaines.

Par quels agents sont transmises les pensées, les images mentales de la mère ?

Par l’eau, répond le chercheur japonais Masaru EMOTO qui a étudié la plasticité de cet élément indispensable à la vie(9).

A partir de travaux menés à Berkeley par le biochimiste Lee LORENZEN sur la résistance Magnétique de l’eau, Masaru EMOTO a soumis des échantillons d’eau à des influences diverses : musiques structurées ou déstructurées, sentiments d’amour ou de haine, pensées de mort ou de vie, prières… Ces eaux ont été gelées puis leurs cristaux – entre -5° et 0° – ont été photographiés sous microscope électronique. Les clichés obtenus sont époustouflants. Les cristaux reflètent la splendeur ou l’horreur dont ces eaux ont été imprégnées.
Or, le corps humain est composé de plus de 70% d’eau. Ce phénomène expliquerait-il l’efficacité du travail sur soi ? L’influence de notre pensée sur nos cellules, sur notre propre matière ?
Quant à l’œuf humain fertilisé, il est constitué de 90% d’eau. Est-ce cette eau biologique qui capterait et enregistrerait cette toute première information : la qualité de l’amour des parents au moment de la conception ?
Et ce processus d’imprégnation se poursuivrait tout au long de la grossesse, le fœtus s’alimentant au sang de sa mère et baignant dans le liquide amniotique ?
Ainsi s’expliquerait l’impact de la vie intérieure de la mère sur le psychisme, mais aussi sur l’organisme de l’être qui se forme en elle.

Et voilà que la génétique nous conduit, en fin de parcours, dans le noyau de la cellule.
Au IVe Congrès Mondial sur l’Éducation Prénatale qui a eu lieu à Caracas, en Avril 2001, le biologiste cellulaire américain Bruce LIPTON a rapporté des travaux récents qui contredisent le déterminisme génétique admis actuellement. Ces études montrent (je le cite) que  » l’activation des programmes des gènes est contrôlée par l’ambiance du milieu.

Plus exactement, par la perception que l’organisme a de cette ambiance…

Les émotions maternelles telles que la peur ou la colère ou au contraire l’amour ou l’espérance influencent bio-chimiquement la sélection et la réécriture du code génétique de l’enfant in-utero avec des conséquences évolutives très profondes sur les générations futures  » Les futurs parents sont de véritables  » ingénieurs génétiques « . Il est urgent qu’ils en soient informés.

Une découverte monumentale !…

Qu’en déduire sur le plan pratique ?

Tout d’abord que l’Éducation Prénatale, qui participe à la Genèse de la santé physique et psychique de l’être qui se forme est bien la prévention la plus fondamentale de tous les dysfonctionnements, y compris de la violence qui jaillit partout, inquiète tout le monde car on ne lui a pas trouvé de remède de fond.

Ensuite qu’une information générale est indispensable pour provoquer une prise de conscience collective de l’importance de la période prénatale, fondement de la personne humaine – période qui inclut la conception et l’accouchement/naissance, dont nous n’avons pas le temps de parler ici.

L’information précoce des jeunes apparait plus urgente encore.

Il est clair aussi que la future mère a besoin de la complicité du père, de l’aide de son entourage familial, professionnel et social, du soutien positif de la sage-femme et des médecins qui l’accompagnent.

Et de votre part, je crois que ce soutien positif lui est tout acquis.

Je vous remercie de votre attention.

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