Par Marie-Andrée BERTIN
Présidente de l'O.M.A.E.P.
Organisation Mondiale des Associations pour l'Éducation Prénatale
Colloque de Biarritz - 25,26 Mai 2002
" Pour une éducation à la culture de la Paix "
Organisé par la fondation " France-Libertés " et l'association "l'Envol d'Alcyon"
Mesdames et Messieurs, chers amis, bonjour !
Je remercie très vivement les organisateurs de ce colloque de m'avoir invitée à vous parler.

Permettez-moi de me présenter brièvement. Ancienne directrice d'école maternelle chargée de la formation des maîtres, j'ai terminé ma carrière en tant que responsable nationale d'une association de pédagogie qui, depuis trois quarts de siècle, maintient l'école maternelle française en état de recherche constant.
Au long de quarante années au service des enfants et de leurs familles, j'ai remarqué des correspondances évidentes entre les problèmes de certains enfants ou un talent particulier, une manière d'être remarquable, et la façon dont la mère avait vécu sa grossesse.
Or, dans les années 80 ont commencé à être publiés des travaux scientifiques et psychologiques concernant la vie prénatale. Alors, des professionnels - médecins, sages-femmes, enseignants de tous niveaux
et parents nous avons pensé qu'il serait utile, afin d'accélérer les choses, de créer une association qui serait un pont entre la recherche et la vie quotidienne des futurs parents. Une association qui regrouperait ces études, éparses par nature, en un ensemble cohérent offrant une compréhension globale des processus de la grossesse permettant aux futurs parents de se préparer et de vivre consciemment, avec une attitude créatrice, cette période fondatrice de l'enfant qui se construit.
Avec des répercussions bénéfiques pour eux-mêmes, le couple qu'ils forment, la famille qu'ils créent et, par voie de conséquence, pour la société toute entière.
En 2002, 17 associations similaires travaillent sur 3 continents, 4 congrès mondiaux ont eu lieu à Grenade, Athènes, Rome et Caracas, et il m'est proposé aujourd'hui de vous présenter l'essentiel de ces connaissances et les conclusions pratiques que l'on peut en tirer.
Au cours du XXè siècle, la psychologie a fait des progrès considérables. Elle nous a fait prendre conscience que chaque étape de la vie conditionne les étapes suivantes. Elle a tout particulièrement mis en lumière l'impact des ressentis de la petite enfance sur la vie émotionnelle et le comportement de l'adolescent et de l'adulte.
Et voici que les recherches scientifiques et psychologiques de ces dernières décennies montrent que la période prénatale de la vie humaine est au moins aussi importante que la petite enfance. Au cours des neufs mois de la gestation, l'enfant construit les premières bases de sa santé, de son affectivité, de ses modes relationnels, de ses capacités intellectuelles, voire de sa créativité.
Dans le sein maternel, l'enfant se forme, se développe et s'éduque par les forces de vie qui sont en lui et au moyen des matériaux physiques, affectifs, mentaux et spirituels qui lui sont fournis par sa mère, et, à travers elle, par le père et leur environnement.
Les futurs parents sont donc les éducateurs de l'enfant prénatal avant d'être ceux de l'enfant et de l'adolescent.
Il me faut préciser ici ce qu'est l'éducation et la distinguer de l'instruction. L' instruction est la transmission de savoirs et de savoir-faire. Elle utilise des méthodes d'apprentissage, alors que l'éducation concerne le développement des potentialités de l'individu et son adaptation au monde.
Il est très important de distinguer l'éducation de l'instruction si l'on veut éviter toute erreur dommageable pour l'enfant. Si on veut éviter de lui faire violence. En effet, il n'y a rien à apprendre au ftus : tenter de le faire serait arbitraire et dangereux.
L'éducation prénatale résulte des processus naturels de la grossesse et s'opère au quotidien à travers la mère.
Il s'agit donc pour elle d'apporter à l'enfant les meilleurs éléments et les meilleures conditions afin qu'il développe au mieux, au sein du processus naturel et selon sa dynamique propre, les potentialités incluses dans son patrimoine génétique.
Le rôle de la mère est primordial, mais elle a besoin pour le bien remplir, de la complicité du père, de l'aide de son entourage, et de la compréhension et du soutien de la société tout entière.
Chacun sait que le ftus construit son corps avec les matériaux apportés par le sang de la mère, eux-mêmes imprégnés de ses émotions et de ses pensées. L'enfant absorbe tout, sans avoir la possibilité de faire un tri entre ce qui est profitable et ce qui est nocif. C'est à la mère de faire ce choix. A elle de proscrire les substances nuisibles : alcool, tabac, et autres drogues et de privilégier les aliments vivants et vitalisants : fruits, légumes, céréales, qui ont emmagasiné une prodigieuse quantité d'énergie solaire. A elle aussi de bien oxygéner son sang par une respiration aussi importante que la nutrition.
Au niveau des cinq sens, ces antennes qui nous relient au monde et alimentent nos activités intellectuelles, des choix aussi sont à faire.
Rappelons que les organes des sens et les centres cérébraux correspondants sont en place dès la fin de la période embryonnaire, vers trois mois de vie intra-utérine. Pendant les six mois de la période ftale, ils se développent et affinent leur spécialisation, avec des modalités différentes, selon la nature de leur fonction et selon la qualité et l'intensité des stimulations reçues.
Ainsi, la vue s'exerce peu dans la nuit utérine. C'est à peine si une clarté orangée parvient à l'enfant quand sa mère prend un bain de soleil, la peau de l'abdomen exposée aux rayons.
Cependant, à sa naissance, la vision du nouveau-né porte à 30 centimètres et il cherche le regard de sa mère de façon active. La première rencontre des deux regards est un moment privilégié. Il ouvre, par une émotion forte et profonde, une nouvelle phase de l'attachement mère/enfant.
L'odorat se développe, conjointement avec le goût, grâce à un organe olfactif spécifique de la gestation et adapté à la détection de molécules odorantes en milieu aqueux, selon Benoît SCHAAL. La pédiatre Marie THIRION constate : "Dans les premières heures de la vie, le nouveau-né, confronté au besoin urgent de se nourrir, va rechercher sa mère, l'odeur de sa mère et plus précisément l'odeur du lait à proximité des mamelons. C'est toujours un spectacle fascinant de regarder un nouveau-né "flairer" sa mère, fouiner près des seins ... et reconnaître le lieu de son bonheur et de sa subsistance".
Le goût entre en jeu quotidiennement et manifeste ses préférences. Le ftus absorbe chaque jour une certaine quantité de liquide amniotique. Si l'on injecte dans ce liquide une substance sucrée, il en avale double ration avec gourmandise. Mais si l'on ajoute une substance amère, il n'en prend que très peu, et l'échographie a permis de voir qu'il faisait la grimace.
Par ce liquide intra-utérin qui se parfume au gré des aliments pris par la mère, l'enfant est sensibilisé au goût de la nourriture qui sera la sienne dans la région où il naîtra.
Le toucher concerne l'ensemble de la peau, et celle de l'enfant est constamment massée par le muscle utérin et la paroi abdominale. Un hollandais, Frans VELDMAN, a mis au point l'haptonomie (du grec " haptos " qui signifie toucher), méthode de communication affective par le toucher qui permet à la mère, et surtout au père, d'établir une relation profonde avec l'enfant à travers la paroi abdominale. Un grand bénéfice en sera retiré au moment de la naissance, de l'accueil de l'enfant, de la confirmation des liens parents-enfant.
Quant à l'ouïe, le sens de la sagesse nous disent les Anciens, il réserve bien des émerveillements. La nuit utérine est loin d'être un lieu de silence. L'équipe du Pr Querleu de Roubaix a introduit de petits micros dans l'utérus de femmes enceintes participant à l'expérience. Ces chercheurs ont capté des bruits de tuyauteries digestives sur fond ininterrompu de souffle respiratoire et de battements cardiaques. La voix de la mère chante sa mélodie intermittente sur ce fond sonore.
Bruits et sonorités extérieurs passent très peu la paroi abdominale : ils sont surtout transmis au ftus par le système d'audition de la mère, ses résonateurs et son système osseux : crâne, colonne vertébrale, bassin. Ainsi en sera-t-il de la voix du père, surtout si la mère l'écoute avec tendresse, et des musiques auxquelles elle sera attentive.
Voici les bruits qui parviennent au bébé, mais lui, que perçoit-il de tout cela ?
L'oreille interne qui sélectionne les sons et les transmet au cerveau est mature vers le cinquième mois. Jean FEIJOO a obtenu, dès ce stade, des réponses motrices et cardiaques significatives, en réaction aux stimuli de la phrase du basson de Pierre et le Loup.
Mais le Dr TOMATIS a montré que l'enfant perçoit les sons bien avant que l'oreille ne fonctionne. Dès la période embryonnaire, il reçoit les vibrations sonores par des cellules réceptrices de sa peau, de ses muscles et de ses articulations. D'autre part, lorsque son oreille commence à fonctionner, elle filtre les graves pour ne recevoir que les aigus. Ce système de protection contre les bruits internes de l'organisme maternel, qui ne s'arrêtent ni jour, ni nuit, est indispensable. Sans lui, le ftus ne connaîtrait jamais de repos.
Marie-Louise AUCHER, professeur de pose de voix, a fait des remarques intéressantes dans des familles
de ses élèves, chanteurs professionnels s'exerçant quotidiennement à la maison. Les mères soprani mettaient au monde des enfants dont la partie supérieure du corps était développée de façon exceptionnelle et fine. Le geste de la pince qui oppose le pouce aux autres doigts de la main témoignait très précocement d'une excellente finesse de coordination sensori-motrice. Par contre, les enfants de pères basses profondes naissaient avec la partie inférieure du corps particulièrement bien développée. Ces enfants-là étaient des marcheurs précoces, mais ce qui est beaucoup plus intéressant qu'une précocité somme toute éphémère, ils restaient ensuite des marcheurs infatigables.
Pour comprendre ces phénomènes, Marie-Louise AUCHER a travaillé dans plusieurs Universités et Hôpitaux parisiens avec des professeurs de plusieurs disciplines. Ensemble, ils ont eu la surprise de voir les impacts des sons de l'échelle musicale dessiner sur le corps humain le "vaisseau gouverneur", méridien énergétique bien connu des acupuncteurs.
On sait par d'autres travaux, que chaque son est en résonance vibratoire avec une vertèbre, un couple de ganglions sympathique et le système parasympathique. Lorsque l'un de ces points d'énergie, de ces centres nerveux est stimulé, il stimule à son tour la région qu'il innerve, et l'ensemble du système nerveux, cerveau compris, en est dynamisé. Pour le Dr TOMATIS, l'oreille est une dynamo pour le cerveau.
QUELLES DEDUCTIONS LES PROFESSIONNELS PEUVENT-ILS TIRER DE CES CONNAISSANCES ?
Des "maternités chantantes" naquirent des travaux de Marie-Louise AUCHER. A Pithiviers dés les années 70, grâce au Dr. Michel ODENT, puis à Paris, à Rouen ... et dans nombre d'autres villes. Chantent en chorales pères, mères et fratries, mais aussi médecins, sages-femmes, puéricultrices, afin de créer entre le personnel médical et les futurs parents, la future mère surtout, un climat amical, presque familial, qui facilitera énormément l'accouchement.
"Ce chant commun, dit Marie-Louise AUCHER, améliore l'état général et nerveux des mères qui mettent au monde des enfants forts - et bien équilibrés, haut et bas du corps - des enfants calmes, joyeux, s'accommodant aisément de situations variées dans lesquelles ils se trouvent placés", ce qui est le signe d'un bon équilibre psychique. Une qualité bien utile dans le monde qui les accueille.
Depuis longtemps déjà le Dr TOMATIS rééquilibre des enfants perturbés, mais aussi des adultes en difficulté, en leur faisant entendre la voix de leur mère filtrée en milieu aquatique, c'est-à-dire telle qu'ils la percevaient in utero, à travers le liquide amniotique. Cette régression au stade prénatal permet à ses patients, grands ou petits, d'établir un nouveau contact avec leurs énergies primordiales et de reprendre une évolution normale.
Plus récemment, le Dr COURONNE, chef du service néonatologie de l'Hôpital de Metz, qui prend donc en charge des prématurés, a créé ce qu'il appelle "le cordon ombilical sonore" qui relie le bébé à ses parents.
Le Dr COURONNE demande aux parents d'enregistrer une cassette avec 50 % de voix maternelle, 30 % de voix paternelle (les parents parlant librement, avec leur cur, à leur bébé) et 20 % de musique douce. Un petit magnétophone placé dans l'isolette (la couveuse) fait entendre cet enregistrement au bébé 1/2 heure par jour, en dehors des périodes de soins. L'on voit alors le petit visage esquisser un sourire, les membres se détendre et l'endormissement venir paisiblement ; l'enfant retrouve des repères porteurs d'amour et de sécurité.
Les premières expériences avec groupes témoins ont montré que ces prématurés récupèrent beaucoup plus vite que les autres lorsqu'ils sont malades et que tous se développent beaucoup mieux que ceux qui ne bénéficient pas de ce "cordon ombilical sonore".
Coût : une cassette. Cette pratique s'étend peu à peu à d'autres maternités en France et au-delà, comme j'ai pu le vérifier à Oslo.
ET LES FUTURS PARENTS, QUE PEUVENT-ILS DEDUIRE DE CES CONNAISSANCES ?
Marie-Louise AUCHER, de son côté, affirme : " Si la femme enceinte ajoute le chant à la voix parlée, elle va provoquer des résonances beaucoup plus intenses, un impact physique et neurologique puissant. C'est beaucoup plus dynamisant et équilibrant pour l'enfant. C'est aussi très tonifiant pour la mère. "
Et que dire si le père chante avec elle et si toute la famille apporte sa richesse vocale !
D'autre part, l'audition fréquente par la mère - et l'enfant - d'une musique douce, structurée et structurante, est bénéfique à l'un comme à l'autre.
Un médecin anglais, Mme Michèle CLEMENTS, a étudié les réactions des ftus à différentes musiques. Ainsi, BRAHMS et BEETHOVEN les agitent, alors que MOZART et VIVALDI les apaisent. MOZART est très aimé, surtout pour ses uvres de jeunesse. Quant au rock, il déchaîne le ftus. On a vu des futures mamans obligées de quitter une salle de concert de rock tant elles recevaient des coups de pieds insupportables. Les travaux de Marie-Louise AUCHER nous aident à comprendre pourquoi. Les basses, très fortes dans ce genre de musique, martèlent le bas de la colonne vertébrale de la mère et atteignent directement et trop fortement l'enfant qui réagit, qui se défend.
Il y a donc nécessité pour la mère de choisir une musique qu'elle aime, certes, mais en se mettant à l'écoute des réactions de son bébé.
Une audition répétée peut même conduire à un véritable apprentissage. Un chef d'orchestre américain, Boris BROTT, était un jour interviewé à la télévision. On lui demanda d'où venait son goût pour la musique. Il répondit que ce goût était en lui bien avant sa naissance. Lorsqu'il étudiait certaines uvres pour la première fois, il connaissait la partition de violoncelle avant même d'avoir tourné la page. Il ne comprenait pas du tout ce phénomène. Il en a parlé à sa mère, qui, tout à fait "par hasard" était violoncelliste. Elle a cherché dans sa mémoire et ses programmes. Les morceaux dont son fils savait par cur la partition de violoncelle, étaient ceux qu'elle avait étudiés, répétés, quand elle l'attendait.
Ceci nous prouve qu'il y a eu enregistrement précis et mémorisation durable. RUBINSTEIN, Yehudi MENUHIN, Olivier MESSIAEN ont fait des confidences analogues.
Personne ne se risquerait à garantir à une future mère qui écouterait et ferait beaucoup de chant et de musique pendant sa grossesse, qu'elle mettra au monde un compositeur, un virtuose, une cantatrice, mais elle peut être certaine d'avoir sensibilisé son enfant à l'art sonore. Au-delà d'éventuelles compétences en ce domaine, elle lui en aura donné le goût, et cette richesse l'accompagnera tout au long de sa vie.
Mais l'être en formation n'engrange pas seulement des acquis sensoriels, il engramme aussi dans sa mémoire cellulaire des empreintes affectives qu'il reçoit de sa mère surtout, mais aussi de son père, voire de leur entourage.
Les connaissances :
Un facteur tout à fait primordial a été mis en évidence par psychologues et psychiatres : c'est la qualité du lien affectif unissant la mère et son enfant.
Le Dr VERNY, psychiatre à Toronto nous dit : "l'amour qu'une mère porte à son enfant, les idées qu'elle cultive à son sujet, la richesse de la communication qu'elle entretient avec lui ont une influence déterminante sur son développement physique, les lignes de force de sa personnalité, ses prédispositions de caractère".
Le Dr Sylvie RICHARD, pédiatre à Tours a présenté une thèse qui étudiait "l'influence du vécu émotionnel de la femme enceinte sur le tempérament et la santé du nourrisson".
Elle a suivi pendant la grossesse, au cours de l'accouchement et huit mois plus tard, cent mères et leurs enfants répartis en trois groupes selon l'intensité normale, moyenne ou très forte des stress plus ou moins permanents vécus par la future mère. Les statistiques ont révélé une correspondance évidente entre les perturbations émotionnelles de la future mère, les problèmes de santé et les troubles psychologiques de l'enfant.
Cette étude rejoint celle du Dr ODENT selon lequel la santé primale, la santé de base physique et psychique d'un être humain, se met en place pendant la période d'étroite dépendance à la mère, c'est-à-dire pendant les neuf mois de la grossesse, les heures capitales de la naissance et la période de l'allaitement.
Et cela ne va pas toujours sans difficultés.
C'est ainsi qu'en 1964, en Hollande, s'est présenté au conseil de révision un nombre tout à fait inhabituel de jeunes gens obèses. Ils étaient originaires d'une région affamée par les nazis en 1944. Les plus atteints étaient ceux dont les mères avaient souffert de la faim pendant les quatre ou cinq premiers mois de leur grossesse, au moment où se formait l'hypothalamus, qui, entre autres fonctions, règle la ration alimentaire. L'anxiété des mères s'était répercutée biologiquement sur l'hypothalamus du ftus.
Une autre étude menée en Finlande auprès d'enfants qui avaient perdu leur père avant ou après la naissance montre une entre différence entre les deux cas. Les enfants qui ont partagé in utero le stress et le chagrin de leur mère étaient plus perturbés que ceux qui les ont partagés après la naissance, en tant qu'êtres indépendants.
Dans ce cas également les chercheurs retiennent l'hypothèse d'un préjudice anatomique subi par l'hypothalamus.
Ils s'agit là de détresses extrêmes : la famine et la mort d'un conjoint ne sont heureusement pas des événements fréquents.
Le plus souvent, les troubles sont d'ordre fonctionnel ou psychologique, donc davantage susceptibles d'amélioration.
Le Pr FEDOR-FREYBERGH de l'université de Stockholm, nous parle d'une petite Kristina qui, dès sa naissance, refusa obstinément le sein de sa mère, alors qu'elle se jeta sur le biberon qu'on lui présentait et qu'elle agrippa le sien d'une autre femme qu'elle se mit à téter avec vigueur. Une intuition du Professeur lui fit poser cette question : "Madame, vouliez-vous vraiment cet enfant ? " " Non, admit cette dame, je voulais avorter, mais mon mari désirait cet enfant alors je l'ai gardé ".
Bien sûr nous ne portons pas de jugement sur la réaction de cette dame : celle-ci est due à sa propre histoire. Mais à n'en pas douter, Kristina avait perçu le rejet de sa mère et le lui renvoyait en miroir.
Avec l'aide du médecin, Cette dame le comprit, et, le cur conquit par son enfant, elle changea d'attitude et les choses s'arrangèrent.
Par quel vecteur les émotions de la mère sont-elles transmises à l'enfant ?
Les études faites par le Dr LEVINE, chirurgien-dentiste de Manchester, nous donnent une 1ère clé. Ce dentiste a collectionné pendant plusieurs années des dents de lait dont il a observé des coupes au microscope électronique.
Les dents sont des sortes d'archives de pierre de notre organisme ( les couronnes des dents de lait se forment pendant la deuxième moitié de la grossesse et la première année de la vie ). Les strates d'émail peuvent être datées exactement comme un géologue date les différentes couches d'un terrain. Ce dentiste a d'abord remarqué sur bon nombre de dents une ligne grisâtre qu'il a appelée la "ligne néonatale", car elle correspond au "traumatisme de la naissance". Elle est absente lorsque la naissance s'est passée de façon optimum.
Les strates d'émail situées au-dessous de cette ligne se sont déposées dans les bourgeons dentaires qui se sont développés dans la mâchoire du ftus. Dans ces couches, il a remarqué de fréquentes anomalies pouvant aller jusqu'à d'imperceptibles vides. Que s'était-il passé qui ait ainsi bloqué pendant un temps plus ou moins long le processus d'édification des dents de lait ... et probablement d'organes mous et nobles comme le cur, le foie, le cerveau, qui n'en ont pas gardé de traces anatomiques décelables ?
Le Dr LEVINE s'associe à un psychologue qui s'entretient avec les mères. Apparaissent alors des
correspondances exactes entre ces anomalies et des stress très violents que les mères avaient subis pendant leur grossesse. Comment ces phénomènes peuvent-ils se produire ?
Lorsque nous subissons un stress, notre organisme, nos capsules surrénales en particulier, fabriquent l'adrénaline, les catécholamines, des hormones dites "de stress" qui nous permettent de faire face à l'événement. Chez une femme enceinte ces hormones traversent la barrière placentaire, inondent le ftus, créant chez lui un état physiologique correspondant à cette émotion maternelle, mais beaucoup plus fort et beaucoup plus prégnant encore, car l'adulte a développé au cours de son existence des stratégies de défense dont l'enfant, lui, est complètement démuni. Si l'enfant reçoit souvent ces hormones de stress, elles créeront en lui un réflexe de peur ou de défense, réflexe qui sera la base d'un caractère anxieux, craintif ou agressif.
Surtout ne soyez pas inquiètes, mamans enceintes qui lisez ces lignes : il s'agissait de chocs très violents. Ne vous inquiétez pas pour une contrariété passagère. Ne marquent le bébé que des chocs très graves ou des troubles profonds et durables - par exemple une relation très mauvaise avec le compagnon - compromettant la sécurité et l'avenir de la mère et de l'enfant. Sachez aussi que la future maman possède ce que le Dr VERNY appelle un bouclier protecteur pour son enfant : c'est celui de son amour. Il peut faire échec à de très mauvaises conditions.
Heureusement, l'inverse est vrai également, et c'est là que la mère peut agir positivement. Lorsque nous sommes dans un état de joie, de bonheur, de bien-être, notre cerveau secrète les endorphines, les "hormones du bonheur" qui, chez une femme enceinte, vont communiquer à l'enfant détente et joie de vivre maternelles. Si ces états sont vécus fréquemment in utero, ils sont mémorisés et vont colorer le caractère de l'homme ou de la femme à venir qui aura le goût du bonheur, une aptitude innée au bonheur et la capacité de créer tout naturellement dans sa vie les conditions capables de le réaliser.
Si le bébé in utero est avide de tendresse, il sait aussi en donner, comme en témoigne une observation fascinante commencée par échographie par le Dr Alessandra PIONTELLI de Milan.
Elle raconte :
"Madame D. attendait des jumeaux. Dès la première échographie, le petit garçon (Luke) semblait beaucoup plus actif que la fille (Alicia). Luke se retournait sans cesse, et donnait force coups de pied. De temps en temps, il interrompait sa gymnastique pour tourner son attention vers sa sur. Il tendait les mains vers elle et lui touchait le visage doucement à travers la membrane qui les séparait. Elle lui répondait en tournant son visage vers lui et pendant un moment, ils se caressaient, joue contre joue. Nous les avions surnommés les "tendres jumeaux".
Alicia prenait moins souvent que Luke l'initiative de ces contacts, mais chaque fois elle répondait aux sollicitations de son frère.
Lors de la naissance, Luke était arrivé le premier, bien charpenté, très vivant, éveillé ; Alicia, plus fluette, est très calme. Leurs caractères sont les mêmes que ceux perçus en observant leur comportement in utéro.
A l'âge d'un an, ils marchaient, commençaient à parler et s'amusaient beaucoup ensemble. Leur jeu favori était de se cacher de part et d'autre d'un rideau et qu'ils utilisaient comme la membrane qui les séparait dans l'utérus : Luke avançait la main dans le rideau, Alicia y enfonçait la tête et ils commençaient à se caresser en faisant entendre des petits gloussements de joie."
L'étude du Dr PIONTELLI est très significative. Elle montre que dès le début de la vie, dès la conception probablement, les bébés possèdent des traits de personnalité spécifiques. Ces premiers schémas de comportement semblent persister pendant la première année de la vie, témoignant du développement constant de la même personnalité. Et quelle que soit celle-ci, le besoin et la capacité de communiquer sont évidents dès l'utérus.
QUELLES CONCLUSIONS LE CORPS MEDICAL PEUT-IL TIRER DE CES CONNAISSANCES POUR AMELIORER SA PRATIQUE ?
Le Dr RICHARD, dans la thèse dont nous avons parlé, propose aux gynécologues et aux sages-femmes de dépasser la stricte surveillance du déroulement somatique de la grossesse et de prendre également en compte les difficultés psychologiques des femmes. Elle suggère aux pédiatres de repérer les éventuelles causes prénatales des difficultés des bébés et des enfants. "Les reconnaître, permettre à la maman de les exprimer, puis la rassurer, la déculpabiliser, ne peuvent que contribuer à la disparition des symptômes chez l'enfant, souvent de façon définitive".
Je signalerai ici, qu'à la suite de notre passage en avril 2001, la Faculté de Médecine de Bogota a inscrit au programme officiel des études de médecine la psychologie et l'éducation prénatale. Un premier pays a bougé, d'autre suivront sans doute.
QUANT AUX FUTURS PARENTS, QUE PEUT-ON LEUR SUGGERER ?
D'exprimer leur amour, de libérer leur créativité pour établir avec leur bébé le lien qui est le leur, selon leur propre nature et leur propre culture. En toute liberté. En gardant toute leur spontanéité.
Informer les jeunes
Or, garder sa spontanéité implique que ces connaissances aient été intégrées dans la conscience comme des éléments naturels de la vie. Et cela nécessite qu'elles soient données aux jeunes bien avant qu'ils n'envisagent de concevoir un enfant. Elles devraient accompagner les informations anatomiques, physiologiques et prophylactiques qui constituent actuellement le chapitre "transmission de la vie" dans les programmes scolaires. Signalons qu'à l'université de Paris VIII, la psychologie et l'éducation prénatales sont enseignées au département "développement de l'enfant". Un premier pas, là aussi.
Ces connaissances données aux jeunes rejoignent leur intuition profonde, nourrissent leur affectivité, les confortent dans leur valeur personnelle face à la vie, dans leurs propres capacités à devenir parents. Elles leur ouvrent l'espoir d'une coopération consciente et responsable à l'uvre créatrice de la vie.
J'ai beaucoup travaillé dans les lycées, les collèges et dans quelques écoles primaires. Je puis vous dire que ces jeunes étaient heureux d'entendre, enfin, parler de la vie. Ils étaient valorisés et responsabilisés.
Je revois une jeune fille qui s'exclamait, ravie : "Alors, le premier "devoir" d'une femme enceinte, c'est d'être heureuse ! "Eh oui ! Mais ce n'est pas toujours aussi simple. Une future mère, selon les conditions actuelles de sa vie, selon sa propre histoire - c'est à dire sa propre gestation, sa naissance, son enfance, voire son adolescence - peut éprouver parfois des sentiments de crainte, de doute, d'ambivalence. Qu'elle les considère comme normaux, qu'elle les accepte et s'efforce de retrouver un état intérieur positif en faisant appel à tout ce qui la rend heureuse : la nature où tout chante, tout vibre; les uvres d'art qui l'inspirent : l'enfant aura le goût de la beauté. Qu'elle pratique elle-même des activités artistiques, qu'elle apprenne à se détendre et à visualiser son bel enfant. En général, se sentir actif et créatif chasse toute angoisse et toute culpabilité.
Le rôle du père
Dans ce domaine affectif, le rôle du père est très important : qui mieux que lui peut rendre son enfant
heureux à travers une mère heureuse et en sécurité ? Un proverbe chinois dit que si la mère porte l'enfant, il appartient au père de porter la mère et l'enfant. Un adage occidental suggère au père que s'il ne porte pas l'enfant dans son corps, il peut le porter dans son cur et dans ses pensées. Alors quelque part dans son psychisme naissant, l'enfant se sentira aimé, attendu, reconnu, et il s'ouvrira, confiant, aux forces de la vie. Si le père est absent, c'est à l'entourage de la jeune femme de prendre le relais.
Les difficultés de la vie
Mais, direz-vous, la vie peut troubler cette ambiance idéale en apportant un stress violent (un accident de
voiture), un ennui grave (le père est mis au chômage), un deuil douloureux. Alors, la souffrance, le chagrin de la mère vont se répercuter sur le ftus ? Oui. On ne peut l'éviter. Mais alors qu'elle parle à son bébé, comme le recommande Françoise DOLTO. Qu'elle le rassure. Qu'elle lui dise, par exemple : "c'est vrai bébé, aujourd'hui, je souffre. Mais cela va passer. Un jour, nous serons heureux ensemble et tu verras, pour toi la vie sera belle". Et l'enfant enregistrera à la fois que la vie a des coups durs certes, mais qu'on peut les surmonter. L'effort courageux de sa mère éveillera en lui les prémices d'un caractère fort.
Il sera ainsi, dès la période prénatale, doté des fondements de cette capacité de résilience dont parle Boris CYRULNICK, cette capacité que possèdent les êtres de se reconstruire après un choc déstabilisant. Ceux qui possèdent cette faculté ont eu les possibilités de se structurer précocement dans l'amour et la confiance.
Nous avons évoqué les plans physique, sensoriel et émotionnel. Qu'en est-il du plan mental ?
Les pensées de la mère influencent-elles aussi l'enfant ?
Oui, affirment Marie-Claire BUSNEL et son équipe de l'Université Paris V. Après avoir étudié en laboratoire et depuis de nombreuses années l'audition ftale, ces chercheurs ont constaté que " le ftus réagit aussi bien à la pensée de la mère qu'à sa parole " - Non pas s'il s'agit d'un futile bavardage intérieur mais si cette pensée a une certaine densité, un sens et une présence réels.
Des faits
Les Drs PICARD et ANTONINI, dans leur livre " comment soigner les rhumatismes ", dans un chapitre traitant de l'influence du mental sur la santé, citent un cas tout à fait frappant, exemplaire parmi d'autres. Citons-les :
Voici une histoire véridique, à la fois dramatique et surprenante, dont nous avons été personnellement témoins.
En avril 1940, un jeune soldat français en permission féconde sa jeune femme. En mai, au moment de l'offensive allemande, un camarade rentre et dit à la jeune femme : "Ne t'inquiète pas, ton mari est sauvé, il est prisonnier en Allemagne. Malheureusement, il a reçu une balle dans le bras et on a dû l'amputer au-dessus du coude". Le choc qu'a reçu cette jeune femme a dû être profond : en janvier 1941, elle accouche d'un beau garçon amputé congénital d'un bras ... Fabuleuse histoire ! Non, notre nature est ainsi faite. Pour une grande part, la pensée domine la santé.
Le choc a dû être profond, disent ces deux médecins, mais l'image mentale du mari amputé, fortement chargée émotionnellement, n'a-t-elle pas longtemps obsédé la jeune femme ? Cette vision semble avoir interféré puissamment sur le schéma normal structurant l'embryon.
Alors une question se pose : comment éviter cela ? En substituant à l'image et à l'émotion négatives celles d'un bébé superbe comblant ses parents de joie. Et si cela est difficile, faire appel à une aide psychologique appropriée.
Cet exemple, heureusement rarissime, suggère qu'à l'inverse, mais suivant ce même processus, des images positives chargées de joyeuses certitudes sont capables d'apporter un plus, sur tous les plans, à l'être en formation.
Voilà qui invite la future mère à utiliser la puissance de son imagination créatrice pour faire cadeau à son enfant des plus belles images qui soient et le sensibiliser aux plus belles qualités humaines, le visualiser enfant, adolescent, adulte manifestant ces qualités.
Par quels agents sont transmises les pensées, les images mentales de la mère ?
Par l'eau, répond le chercheur japonais Masaru EMOTO qui a étudié la plasticité de cet élément qui enregistre, mémorise et restitue les informations qu'il reçoit.
A partir de travaux menés à Berkeley par le biochimiste Lee LORENZEN sur la Résistance Magnétique de l'eau, Masaru EMOTO a soumis des échantillons d'eau à des influences diverses : musiques structurées ou déstructurées, sentiments d'amour ou de haine, pensées de mort ou de vie, prières
Ces eaux ont été gelées puis leurs cristaux - entre -5° et 0° - ont été photographiés sous microscope électronique. Les clichés obtenus sont époustouflants. Les cristaux reflètent la splendeur ou l'horreur dont ces eaux ont été imprégnées.
Or, le corps humain est composé de plus de 70% d'eau. Ce phénomène expliquerait-il l'efficacité du travail sur soi ? L'influence de notre pensée sur nos cellules, sur notre propre matière ?
Quant à l'uf humain fertilisé, il est constitué de 90% d'eau. Est-ce cette eau biologique qui capterait et enregistrerait cette toute première information : la qualité de l'amour des parents au moment de la conception ?
Et ce processus d'imprégnation se poursuivrait tout au long de la grossesse, le ftus s'alimentant au sang de sa mère et baignant dans le liquide amniotique ?
Ainsi s'expliquerait l'impact de la vie intérieure de la mère sur le psychisme de l'être qui se forme en elle, mais aussi sur son organisme, sur la qualité même de ses cellules. La cellule, c'est le champ d'étude de la génétique.
QUE DIT LA GENETIQUE ?
Au IVè Congrès Mondial pour l'Education Prénatale à Caracas, en Avril 2001, le biologiste cellulaire américain Bruce LIPTON a rapporté des travaux récents qui montrent (je le cite) que " l'activation des programmes des gènes est contrôlée par l'ambiance du milieu.
Plus exactement, par la perception que l'organisme a de cette ambiance
Les émotions maternelles telles que la peur ou la colère ou au contraire l'amour ou l'espérance influencent biochimiquement la sélection et la réécriture du code génétique de l'enfant in utero avec des conséquences évolutives très profondes sur les générations futures. Les futurs parents sont de véritables " ingénieurs génétiques ". Il est urgent qu'ils en soient informés. " Fin de citation.
Les informations reçues par l'uf fécondé vont activer ou non les gènes hérités des deux lignées parentales. Elles vont les sélectionner et réécrire ainsi le code génétique de l'enfant.
Et ces informations, d'où viennent-elles ? Des parents.
Or, lorsque l'homme et la femme s'unissent dans l'acte d'amour, les sensations et émotions qu'ils éprouvent créent un champ de force intense qui fait vibrer toutes leurs cellules, y compris les deux gamètes qui vont fusionner pour former la cellule initiale à partir de laquelle vont se former toutes les cellules du corps de l'enfant.
Cette vibration originelle, cette 1ère information aura un impact considérable sur l'avenir du nouvel être humain
et sur sa descendance.
C'est pourquoi les jeunes doivent en être informés.
TRANSMETTRE LA VIE, C'EST FAIRE UVRE CRÉATRICE.
Et cette créativité ne bénéficie pas seulement à celui qui vient dans notre monde. Elle transforme aussi, au fil des mois, une femme en mère, un homme en père et, au-delà de la maternité et de la paternité, chacun d'eux connaît un grand développement personnel, se sentant plus largement et plus profondément humain. Certains parlent d'une véritable renaissance.
Ils témoignent aussi de l'enrichissement de leur vie de couple. Avoir investi le meilleur d'eux-mêmes dans une uvre commune essentielle crée des liens profonds : ceux-là même qui manquent à de nombreux couples aujourd'hui.
Des parents qui avaient déjà un ou deux enfants avant de vivre une nouvelle grossesse transcendée par cet élan créateur de vie, disent avoir vécu une expérience extraordinaire, que cet enfant-là est surprenant de santé, de sérénité, de confiance en soi, d'ouverture aux autres et qu'ils ont avec lui une relation plus simple et plus profonde qui facilite grandement son éducation ultérieure.
La famille, à notre époque, cherche un fonctionnement plus adapté. Elle pourrait développer une nouvelle maturité à partir de l'éducation prénatale créatrice. Et la famille est la cellule de base de la société !
Si la société actuelle se reconnaissait le devoir de diffuser et de soutenir l'éducation prénatale, elle se trouverait plus rapidement bénéficiaire et sur le plan financier et surtout au niveau humain : celui de la qualité et du bonheur de tous ses membres.
Car l'éducation prénatale qui participe à la genèse de la santé physique et psychique de l'être humain est la prévention la plus fondamentale au niveau de l'individu et de sa descendance.
D'autre part, nos sociétés connaissent actuellement une montée de violence telle qu'aucune mesure extérieure ne semble en capacité de l'enrayer.
Certes, les actes violents sont provoqués par des conditions économiques qui privent bon nombre d'individus d'épanouissement personnel, de possibilité d'expression, d'insertion sociale.
Certes, ces explosions de violence résultent aussi d'un manque de repères, d'idéal et de perspectives d'avenir. Ce qui engendre désespoir, colère, agressivité.
Ces forces destructrices jaillissent des profondeurs de l'être, et, le plus souvent chez des jeunes dont les forces de vie ont été, dès l'origine, entravées par le manque d'amour, voire déviées par des programmations négatives.
Aussi, tout en laissant leur juste place à l'éducation de l'enfant et de l'adolescent, aux thérapies individuelles et familiales, nous pouvons affirmer que l'éducation prénatale est bien la prévention la plus fondamentale de la violence.
Elle qui, dès la conception, favorise l'édification d'êtres non violents parce que sains, forts, confiants en eux-mêmes, ouverts aux autres et à la vie, donc capables de réaliser les mutations sociales indispensables à la survie de l'humanité.
Avec ces jeunes et les enfants qu'ils mettront au monde consciemment, il sera possible de construire un monde plus juste et plus humain, où chacun pourra prendre place et s'épanouir au service de tous.
Le travail est immense. Mais y en a-t-il de plus grand ?
Le présent congrès participe de cette réussite.
Je vous souhaite de le vivre dans la joie et l'enthousiasme.