Culture – Spiritualité

Bien que de nos jours l’humanité se soit axée sur l’analyse et que la société se soit transformée en une armée de spécialistes, nous devons admettre la nécessité d’une synthèse qui révèle que l’homme a trois nécessités fondamentales :

  • Comprendre, savoir – Ce qui, à long terme, a donné naissance à la philosophie et à la science.
  • Sentir, aimer et communier – De là sont nées les diverses spiritualités et religions
  • Agir, créer – Ce qui a donné naissance à l’art, à la culture, au sens large.

La question se pose de savoir comment réunir ces différentes nécessités dans une vision globale, holistique, universelle pour trouver un sens nécessaire à l’évolution de la société.

Introduction

Il y a quelques années, les gens souriaient lorsqu’ils entendaient parler d’écologie. Aujourd’hui, le danger qu’entraîne la pollution est si évident que chacun s’alarme. Il est nécessaire d’élargir ce concept pour y englober la cause qui n’est autre que notre façon de penser. La réalité matérielle d’aujourd’hui est une conséquence de la réalité psychologique formée par l’ensemble de nos pensées et de nos sentiments.

Ainsi, à part les efforts fournis pour satisfaire les nécessités vitales physiques, il convient de surveiller également notre psychisme. C’est une nouvelle écologie, écologie humaine, qui sera incorporée dans l’éducation à la source de vie par l’éducation prénatale.

Nous vous présentons ci-après deux réflexions : l’une sur la base des expériences scientifiques et l’autre issue d’une vision spirituelle ; les deux aboutissent aux mêmes conclusions.


First Nine Months - Time

Comment les neuf premiers mois façonnent le reste de votre vie

Par Annie Murphy Paul, journaliste, extrait d’un article apparu dans la revue Time du 4 octobre 2010 :

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[…] Qu’est-ce qui nous rend comme nous sommes ? Pourquoi certains sont prédisposés à être anxieux, en surpoids ou asthmatiques ? Comment se fait-il que certains soient sujets aux crises cardiaques, au diabète ou à une tension élevée ?

Il existe toute une liste de réponses conventionnelles à ces questions. Nous sommes comme nous sommes parce que c’est dans nos gènes ; l’ADN dont nous avons hérité lors de notre conception. Nous devenons ce que nous sommes à cause de expériences vécues durant notre enfance: comment nous étions traités et ce que nous avons compris, spécialement pendant ces trois premières années. Notre santé et notre bien-être proviennent des choix de vie que nous faisons en tant qu’adultes : quel genre de régime nous suivons et l’exercice que nous faisons.

Mais il existe une autre source puissante d’influence que vous pouvez avoir oublié de considérer : votre vie en tant que fœtus. La quantité et le genre de nourriture que vous avez reçue dans le ventre, les polluants, drogues et infections auxquels vous étiez exposés durant la gestation; la santé de votre maman, le niveau de stress et l’état d’esprit dans lequel elle était durant sa grossesse – tous ces facteurs vous ont formé en tant que bébé et enfant et continuent de vous affecter à ce jour.

Ce sont les affirmations provocatrices d’un domaine connu sous le nom des origines fœtales, dont les pionniers disent que les neuf mois de gestation constituent la période la plus conséquente de notre vie, influençant en permanence les connexions de notre cerveau et le fonctionnement d’organes comme le cœur, le foie et le pancréas. Ils disent que les conditions que nous rencontrons in utero modèlent notre sensibilité aux maladies, notre appétit et notre métabolisme, notre intelligence et notre tempérament. Dans la littérature sur le sujet, qui a explosé durant les dix dernières années, on peut trouver des références sur les origines fœtales du cancer, les maladies cardiovasculaires, les allergies, l’asthme, l’hypertension, le diabète, l’obésité, les maladies mentales – même les maux associés au grand âge tels que l’arthrite, l’ostéoporose et le déclin cognitif.

La notion d’influence prénatale peut faire apparaître des tentatives frivoles d’enrichir le fœtus, comme par exemple jouer du Mozart devant un ventre de femme enceinte. En réalité, le façonnage qui se déroule in utero est beaucoup plus viscéral et conséquent que ça. La majorité de ce que la femme enceinte rencontre dans sa vie de tous les jours – l’air qu’elle respire, la nourriture et la boisson qu’elle consomme, les produits chimiques auxquels elle est exposée et même les émotions qu’elle ressent – est, d’une certaine manière, partagée avec le fœtus. Le fœtus incorpore ces offrandes dans son propre corps et en fait une part entière de sa chair et de son sang.

Il fait souvent quelque chose de plus : il traite ces contributions maternelles comme des informations, des cartes postales biologiques du monde extérieur. Ce qu’un fœtus absorbe in utero n’est pas La Flûte enchantée de Mozart mais les réponses à des questions beaucoup plus critiques au sujet de sa survie : naîtra-t-il dans un monde d’abondance ou de privations ? Sera-t-il en sécurité et protégé ou fera-t-il face à des dangers et des menaces constants ? Vivra-t-il une vie longue et fructueuse ou au contraire une vie courte avec des harcèlements constants ?

La recherche sur les origines fœtales – également appelée les origines développementales de la santé et de la maladie – suggère un changement révolutionnaire lorsqu’on pense à l’origine des qualités humaines et au moment où elles ont commencé à se développer. Cela amène la grossesse vers une frontière scientifique : l’Institut national de la santé a entamé l’année dernière une étude d’une durée de plusieurs décennies qui examinera les sujets avant leur naissance. Cela altère également les perspectives des chercheurs d’autres domaines que la biologie. L’économiste lauréat du Prix Nobel, Amarty Sen, a coécrit un article sur l’importance des origines fœtales sur la santé et la productivité d’une population : il écrit que les mauvaises expériences prénatales «sèment la graine des maux qui affligent les adultes.» Cela fait du ventre une cible prometteuse pour la prévention, faisant naître l’espoir de conquérir les fléaux de santé publique tels que l’obésité et les maladies cardiaques par des interventions avant la naissance […]

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Extrait du message du pape Jean Paul II

Aux participants du Congrès sur l’éducation prénatale, Rome, le 20 mars 1988 :

Papa Messaggio

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[…] Il est réconfortant de rencontrer dans le panorama scientifique actuel un groupe de chercheurs qui, reconnaissant pleinement la dignité du futur bébé, explorent les voies d’une nouvelle discipline: l’éducation prénatale. Ceci est une recherche merveilleuse et méritoire : s’incliner devant l’enfant qui se trouve encore dans le sein maternel, non seulement pour constater et observer sa croissance physique et écouter les battements de son petit cœur, mais aussi pour étudier ses émotions et enregistrer les signes du développement de son psychisme.

Il est juste que l’enfant soit placé au centre de l’attention des sciences humaines, et pas seulement des sciences biologiques, depuis le début de son chemin temporel dans le sein maternel. Par conséquent, votre engagement, chers congressistes, a certainement une valeur dans le champ des sciences expérimentales mais a aussi une signification anthropologique et morale. En effet, votre intérêt dépassant le pur organicisme et la considération des aspects physico-fonctionnels qui cependant gardent leur importance, se dirige vers l’intimité d’un nouvel être qui est l’hôte du sein maternel.

Votre optique est pour ainsi dire prospective : vous veillez au développement ultérieur de l’enfant (son enfance, l’adolescence, l’âge adulte) pour saisir les liens psychologiques qui existent entre ces phases de l’existence et ses débuts dans le sein maternel, et pour suggérer aux parents la conduite la plus appropriée pour assurer un commencement harmonieux au processus.

L’histoire de l’individu après la naissance dépend certainement des soins physiques et médicaux qu’il reçoit. Cependant, la sérénité, l’intensité et la richesse des émotions éprouvées durant la vie prénatale ont une influence non négligeable sur son histoire. C’est pourquoi cette recherche prénatale doit être considérée comme de la plus haute importance.

Dans cette perspective, il est également important de relever le lien qui existe entre le développement psychologique du futur bébé et le contexte de la vie familiale qui se meut autour de lui. L’harmonie des conjoints, la chaleur de la maison, la sérénité de la vie quotidienne se répercutent sur sa psychologie et en favorise l’épanouissement harmonieux : ce ne sont pas seulement les gènes qui transmettent les traits héréditaires des parents mais aussi les répercussions de leur vie spirituelle et émotionnelle.

Il est beau de constater comment la médecine et la psychologie, avec leurs ressources respectives, peuvent se mettre au service de la vie du futur bébé et de son développement ultérieur. Alors que certaines recherches et interventions expérimentales risquent aujourd’hui d’oublier le mystère de l’être présent dans la vie qui naît dans le sein maternel, vous vous proposez de développer vos études en partant de ce présupposé. Vous savez en effet que le plus grand malheur pour l’humanité est celui de perdre la signification de la valeur humaine depuis son début […]

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