Le Mot du Président

Le mot du Président de l'OMAEP

VERS UNE ÉDUCATION GLOBALE DE LA SOCIÉTÉ

Selon les scientifiques, la matière infinie est à la base de toute existence  et, selon les idéalistes, c’est l’énergie cosmique universelle qui engendre les mondes. Le temps est venu de conjuguer les résultats de la philosophie scientifique avec ceux de la philosophie spirituelle, afin d’établir une vision de synthèse, au-delà des limitations socioculturelles, qui constituera la base d’une éducation globale de la société. Et l’éducation prénatale sera le fondement de cette éducation globale.

En révélant l’existence des idées comme objets de connaissance appartenant à une hiérarchie ontologique, Platon mettait les bases d’une éthique de la philosophie idéaliste, créationniste. A l’autre pôle, Aristote, préférant à la transcendance des idées et d’un Créateur, celle des formes agissant au sein des choses, en tant que principes fondamentaux du monde, établissait la base d’une logique linéaire, matérialiste. L’évolution, presque unique, de cette logique, de cette philosophie matérialiste, a certes permis des découvertes scientifiques extraordinaires qui ont apporté du confort à notre existence matérielle ; mais nous avons cependant perdu la conscience d’avoir une âme qu’il faut nourrir et éduquer, comme nous le conseillait Jean Amos Comenius, ancêtre spirituel de l’UNESCO, afin d’agrandir notre amour et donner la possibilité à notre esprit de vivre en plénitude.

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La session sur l’éducation réalisée par l’ECOSOC en juillet 2011 au Palais des Nations Unies à Genève, a relevé le fait que l’éducation est le thème central pour l’avenir de l’humanité. La conclusion en a été « d’améliorer les programmes scolaires, en introduisant une éthique dans l’éducation, afin de préparer les jeunes à la vie ». Pour être durable, cette éthique doit toutefois se baser sur les valeurs immuables des principes universels que l’homme porte dans son âme, comme la sagesse, l’amour et la vérité. Et cela implique un processus d’éducation où la connaissance exacte de la réalité extérieure (en latin scientia) doit être complétée par la connaissance intuitive, ou intérieure (en grec esoterikos). L’éducation d’aujourd’hui se base sur un savoir-faire dans le plan de la réalisation matérielle, intellectuelle, et néglige la connaissance des lois naturelles qui gèrent la vie et la structure de l’être humain. Comprendre et respecter ces lois nous rend capables de vivre en harmonie avec les autres et faire ainsi évoluer nos sociétés.

L’OMAEP s’inspire non seulement des acquis de la science, mais aussi de traditions significatives de l’humanité, comme celle de la Grèce antique, où l’étude de ces lois naturelles faisait partie de la préparation au rôle de citoyen, qui incluait aussi celui de parents. C’est ce qui a permis à la Grèce de vivre son époque de gloire avec sa pléiade de philosophes et d’artistes de génie.

Voici quelques exemples des lois auxquelles je me réfère :

  • Cause à Effet (Tout effet a une cause) : cette loi nous encourage à trouver une meilleure compréhension des faits et à élaborer des solutions aux problèmes.
  • Polarité (Toute réalité a deux pôles) : cette loi nous aide à accepter le point de vue de l’autre et à éviter le conflit.
  • Équilibre (Toute vie et toute création est basé sur la loi d’équilibre) : cette loi nous permet d’atteindre la juste mesure et le discernement.
  • Correspondance (Qui se ressemble s’assemble) : cette loi nous aide à nous élever sur un plan de conscience supérieur et bénéficier de ses forces.
  • Enregistrement (Tout s’enregistre) : cette loi nous permet de bien réfléchir avant d’agir.
  • Vibration (Tout est vibration et perpétuel mouvement) : cette loi nous aide à nous élever mentalement, pour nous harmoniser.
  • Unité (Tout est lié, tout est énergie) : cette loi nous permet de nous unir au-delà de nos différences et d’agir ensemble.

Pour davantage d’explications, veuillez visiter le site de la revue « Ensemble », au chapitre « Principes de vie » (www.aip-suisse.ch).

L’action de l’OMAEP se situe dans cette vision de synthèse, qui réunit les trois aspects fondamentaux de l’activité humaine : la science, la spiritualité et l’art (voir le « Pacte Roerich pour la Paix » signé en 1935 à la Maison Blanche et adopté par l’UNESCO).

L’apport de l’éducation prénatale

Lors de la conception d’un enfant, s’enregistrent les programmes génétiques présents dans l’ADN du père et dans celui de la mère. L’épigénétique nous révèle que durant la grossesse, ces programmes génétiques peuvent être activés ou non, ainsi que modifiés, selon la qualité du vécu de la mère enceinte et de son environnement. En effet, des découvertes scientifiques actuelles démontrent que l’être humain est « habité » par tout un peuple de cellules et que ces trillons de cellules enregistrent tout ce qu’il fait. Il est donc nécessaire d’incorporer dans le processus d’éducation des jeunes la connaissance de la loi d’enregistrement, ainsi que les autres lois d’après lesquelles la nature agit.

Nous invitons les futurs parents à être conscients de leurs rôles, afin qu’ils puissent offrir à leur enfant les meilleures conditions pour le tout début de son développement. L’information et l’accompagnement des couples qui attendent un enfant, et spécialement des mères enceintes, font partie de nos priorités. Et dans l’avenir nous construirons des centres de prénatalité offrant aux femmes enceintes des séjours allant de quelques jours à plusieurs mois, à des prix accessibles. Elles y seront accueillies, informées, inspirées et choyées afin que leur bien-être physique psychique et spirituel se transmette à leur bébé et s’inscrive dans ses cellules au fur et à mesure de sa formation. L’éducation prénatale est l’éducation que la mère transmet à son enfant pendant la période qui s’étend des mois précédant sa conception jusqu’à sa naissance et pendant son allaitement.

En effet, lorsqu’une femme est enceinte, sa sensibilité augmente et son vécu devient information organisatrice pour le fœtus et s’enregistre en lui. Sa responsabilité se prolonge au-delà de l’hygiène physiologique (ne pas fumer, manger sainement, se reposer, etc.), dans la qualité de son vécu psychologique. D’où l’importance de bien l’informer et lui donner les moyens d’harmoniser son psychisme formé par ses pensées, ses sentiments.

Cette information au sujet de l’importance primordiale de la vie prénatale pour le futur de tout être humain s’inscrit dans la croissance verte, solution d’avenir, vu l’économie considérable que produit la santé préventive et la prévention en éducation. Comme le souligne Dr. Marcy Axness, chaque dollar investi dans le bien-être d’une femme enceinte représentera une économie de plus de quinze dollars, durant la scolarité de son enfant.

Dans les écoles secondaires et les universités, l’introduction des cours à la parentalité prénatale constitue une base saine pour aider les jeunes à être un jour des parents épanouis, des adultes plus aptes à prendre le gouvernail du bateau de leur vie familiale et sociale. Nous savons bien que le changement des mentalités est une des choses les plus ardues à atteindre et demande souvent des siècles. En revanche, l’éducation prénatale permettra aux sociétés de par le monde de changer très favorablement dans l’espace de deux, trois générations.

La qualité de la société de demain dépend en bonne partie de l’éducation de nos enfants, et si nous voulons travailler pour les générations à venir, nous devons penser tout d’abord à la manière de mettre les enfants au monde, établir les bases d’une bonne éducation prénatale. C’est un grand progrès d’admettre que l’enfant in-utero est un être conscient et que sa mère exerce sur lui une immense influence, une éducation qui collabore à la formation de chacun de ses organes et systèmes. La science vient maintenant confirmer les intuitions des philosophes, comme dans le cas des recherches sur l’existence de neurones-miroirs et sur la « mémoire » des cellules, aspects majeures de l’épopée qui se déroule dans chaque ventre maternel.

Personne ne conteste la nécessité de suivre une formation pour apprendre à conduire une voiture. Alors pourquoi ne pas acquérir les connaissances nécessaires pour « conduire » une famille ? Cela rentre dans le cadre de l’éducation qui, comme le disait Nelson Mandela, est « l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

L’UNICEF affirme que « Les enfants représentent notre avenir » et à l’OMAEP de conclure : « Notre avenir se construit déjà avant la naissance ! »

Gheorghe ANTON

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