Présence de l’OMAEP au CSW 61 à New York

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Bref résumé fait par Carla Machado et Laura Uplinger

La 61ème session de la CSW (Commission on the Status of Women – Commission de la Condition de la Femme) a eu lieu à New York du 14 au 24 mars, à l’ONU.

Cette Commission est un organe intergouvernemental mondial dédié exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes dans le monde entier.

Au cours de sa session annuelle, des représentants des États membres des Nations Unies, d’organisations de la société civile et d’entités des Nations Unies se réunissent afin d’évaluer les progrès réalisés et les écarts à combler dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing de 1995 (document de référence en matière de lutte pour l’égalité des sexes à l’échelle internationale) et la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée générale qui s’est tenue en 2000, ainsi que les nouveaux enjeux qui touchent l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Les conclusions et les recommandations de chaque session sont transmises à l’ECOSOC (Conseil Économique et Social de l’ONU) afin qu’il en assure le suivi.

(Pour plus d’informations : http://www.unwomen.org/fr/csw)

Voici un petit compte rendu des sessions auxquelles Carla et moi avons assistées (nous y avons souvent pris la parole en tant que représentantes de l’OMAEP).

Mercredi 15 mars

Nous entrons dans une des salles des activités officielles : « L’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution »

C’est une séance de trois heures dans laquelle interviennent des représentants des gouvernements de la Hongrie, de l’Ouganda, de la Nouvelle Zélande, du Ghana, du Brésil, de la Turquie, de l’Australie, de la Mongolie, des Philippines, du Japon, de l’Iran, du Kenya, de l’Iraque, de l’Azerbaïdjan, du Mali, de l’Ukraine, de la République Dominicaine et de la Chine. Chaque délégué a raconté, pendant trois ou cinq minutes, ce que son gouvernement avait accompli dans le cadre du thème de la séance.

Comme l’OMAEP ne revendique pas le droit de la femme d’être l’égale de l’homme dans le domaine de la grossesse, Mr. Antonio Patriota (président de la CSW61) donne un contact au UNFPA (en français FNUAP), le Fonds des Nations Unies pour la Population qui « travaille à réaliser un monde où chaque grossesse est désirée, chaque accouchement est sans danger, et le potentiel de chaque jeune est accompli. » Un des principaux objectifs de l‘UNFPA est de « réaliser l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive. »

With ambassadorRencontre avec l’ambassadeur Antonio Patriota

Jeudi 16 mars

Nous assistons à une réunion organisée par le gouvernement hongrois et ONU Femmes (http://www.unwomen.org/fr/about-us/about-un-women), contre les stéréotypes sexistes et en faveur d’un équilibre sain entre vie de mère et vie professionnelle.

Le ton des présentations est animé et les propos remplis d’espoir. Un de leurs plus vifs souhaits est qu’au moins un pour cent (1%) de l’argent que caque pays consacre à son infrastructure physique soit dédié à son infrastructure sociale. Vers la fin, je prends la parole pour dire quelques mots sur l’importance de la vie prénatale.

Parmi les participantes se trouvent la championne d’échecs Judit Polgár et Veronica Berti, femme du ténor Andrea Bocelli et représentante de la Fondation Andrea Bocelli : http://www.andreabocellifoundation.org/who-we-are/mission-and-vision/

En début d’après-midi, nous allons dans un service d’imprimerie qui peut imprimer, pour le jour suivant, la brochure des « Dix Règles d’Or » en anglais et dont un artiste brésilien vient juste de finir les illustrations.

Nous allons ensuite à une présentation où deux jeunes femmes américaines présentent leur travail au Kenya et en Tanzanie avec des jeunes filles entre 12 et 14 ans. Elles leur offrent toute une orientation joyeuse et intelligente pour leur santé menstruelle et une sacoche contenant, entre autres, des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables.

Carla et moi parlons du travail que l’ANEP Brésil fait avec des jeunes de 12-13 ans, et des principes qui animent l’OMAEP. Nos commentaires sont reçus avec enthousiasme et nous participons à des discussions très intéressantes avec des anthropologues, des jeunes cinéastes, des psychologues, des sages-femmes, des assistantes sociales, des personnes du Peace Corps, toutes animées d’un entrain remarquable. Des vies vraiment dédiées à la santé et au bien-être des jeunes !

Vendredi 17 mars

Le matin, nous assistons à une séance sur l’égalité d’accès à l’emploi entre hommes et femmes. Les représentants de plusieurs pays interviennent et leurs discours me rappellent, à une virgule près, les discours que j’entendais à l’UNESCO, il y a 40 ans, lorsque j’y travaillais en tant que fonctionnaire de l’OPI (Office of Public Information) !

Il y a certes une très bonne volonté mais celle-ci est influencée par un matérialiste borné. Et les résultats sont à peine convaincants.

Ten Golden RulesNotre message à cette occasion

L’après-midi nous assistons à une excellente présentation de la ONG suédoise Haro (www.haro.se), intitulée « Les mères créent les valeurs mais ne sont pas mises en valeur ». Madeleine Wallin, Coordinatrice Internationale de Haro, est mère de cinq enfants et ces dernières 20 années a été mère au foyer, ce qui est rarissime en Suède et condamné par leur status quo. Dans sa présentation elle parle de son expérience personnelle et sur comment elle en est venue à travailler avec Haro. Jonas Himmelstrand présente des informations très pertinentes sur comment ces 20 dernières années de crèche pratiquement obligatoire pour tout enfant à partir de l’âge de 18 mois a fini par miner la santé sociale de la Suède ! Par exemple, l’on y trouve le plus grand nombre au monde de parents célibataires ; il ya de plus en plus de problèmes de discipline dans les écoles ; la qualité des résultats scolaires décline rapidement ; de plus en plus de jeunes demandent de l’aide psychologique et les diagnostics de désordres psychiatriques continuent d’augmententer ; l’inégalité des sexes dans le cadre de l’emploi, s’accentue de plus en plus…

Lundi 20 mars

Le matin, nous allons à une séance du UNFPA dans le prestigieux building du XIXème siècle du Harvard Club of New York City. Le thème de la table ronde : présentation de la campagne « Safe Birth Even Here » (Naître en Sécurité Même ici), et dont l’image est la tête un bébé en train de naître parmi les décombres d’un grand tremblement de terre (photo sur la page suivante). Le but de cette agence des Nations Unies est que chaque pays puisse assurer des naissances en sécurité, même dans les zones frappées d’un cataclysme. Cependant les données que mentionne Mr. Artur Erken, Directeur de la Communication et des Partenariats Stratégiques de l‘UNFPA, sont tragiques : chaque jour, 500 femmes meurent de complications évitables, liées à leur accouchement.

Carla Machado prend la parole et dénonce la honteuse violence obstétricale au Brésil et Laura Uplinger parle de l’importance du bien-être de chaque femme enceinte, pour que naissent davantage d’artisans de paix et bien moins de personnes qui un jour participeront à la création d’armes de destruction massive.

Even there

Nous allons ensuite à une rencontre de jeunes rappeurs africains qui ont mis en musique plusieurs principes de sexualité saine pour les jeunes (https://www.youtube.com/watch?v=BmqqYwqlJuQ).

L’ambiance est joyeuse et après leur présentation nous parlons avec ces jeunes activistes, leur donnons nos cartes et des brochures des « Dix Règles d’Or ».

Puis nous avons rendez-vous avec Elizeu Chaves qui encourage l’OMAEP à déployer une stratégie globale afin de pouvoir être plus active au sein même de l’ECOSOC.

Mardi 21 mars

Nous allons à une très bonne présentation sur le rôle de l’éducation des femmes en Turquie pour leur autonomisation, dans un building hors de l’ONU (plusieurs des évènements parallèles organisés par les ONGs se passent hors du siège de l’ONU).

Puis nous assistons à une présentation sur la famille en tant que Capital pour les 17 Objectifs de Développement Durable de l’ONU (http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/). L’idée de base est que le déclin du capital social est en directe corrélation avec la rupture de la famille. C’est une théorie de l’économiste et sociologue américain Gary Becker selon qui on ne peut omettre l’influence de la famille en ce qui concerne les connaissances, les dons, les valeurs et les habitudes des êtres humains. Rien ne remplace le soutient de nos proches, et pour résoudre des problèmes tels que la faim mondiale, et la crise de l’éducation, il faut prendre la famille en considération. Ils nous offrent leur publication (un livre de 300 pages) qui rassemble plusieurs articles importants sur cette richesse que représente la famille saine.

Mercredi 22 mars

Une des présentations auxquelles j’assiste est sur l’importance de l’harmonie dans le lieu du travail et comment les femmes doivent s’efforcer afin de maintenir cette harmonie. Leur gentillesse, leur douceur et leur délicatesse sont preuve de sagesse et aussi importantes que leur intellect bien développé ! Lorsque je les approche après leur exposé, elles sont émues à l’idée du pouvoir de la femme enceinte, et reçoivent nos brochures avec joie.

Une autre présentation est sur la condition des femmes partie du Maroc rural. Celles-ci s’occupent entièrement de la production ainsi que de la récolte de dattes, d’olives et de graines d’argan. Mais ce sont les hommes qui vendent leur production au marché local car seulement eux savent lire, écrire et calculer…
L’après-midi j’assiste à une grande séance organisée par le Saint Siège sur la traite des êtres humains. Cette atrocité est en hausse et s’abreuve de jeunes de plus en plus jeunes, de filles comme de garçons, tant pour leur exploitation sexuelle que pour du travail esclave (et cela même en plein New York). Plusieurs organisations s’occupent de libérer ces jeunes victimes et les habituer ensuite à une vie normale. Leur aide est multifactorielle et ces jeunes peuvent compter sur elle le temps nécessaire à leur récupération.

Jeudi 23 mars

C’est ma dernière journée à l’ONU, et depuis hier il n’y a presque plus de monde dans les couloirs.

La plupart des réunions sont des réunions de délibération, fermées à ceux qui ont un passe comme le mien. Les délégués des états membres sont en train de décider ce qui va ou ne va pas changer en ce qui concerne la condition de la femme dans leurs pays. J’en profite pour aller à plusieurs bouts de présentations dont une, sponsorisée par Dianova International sur les innovations dans les domaines de l’éducation, de la technologie et de la santé mentale, qui contribuent à fortifier l’autonomie de la femme. J’en retiens leur site web :

https://www.dianova.ngo/who-we-are/about-us/

Et à 15h j’ai rendez-vous avec le diplomate Georgios Pouleas, de la Mission Grecque auprès de l’ONU et chargé entre autres de représenter la Grèce dans les délibérations officielles de la CSW.

Il est heureux de voir la brochure des « Dix Règles d’Or » où il est mentionné dans l’introduction qu’il s’agit d’une initiative du gouvernement Grec.

Malgré certaines horreurs qui ont été racontées à la CSW 61, nous avons reçu une belle dose d’espoir en l’humanité.

Et en vue de ce que nous avons appris cette année à l’ONU, l’OMAEP délibèrera, lors son Assemblée Générale d’octobre, sur la direction à prendre en ce qui concerne son rôle international auprès de l’ECOSOC.

Carla & LauraCarla et Laura devant l’entrée principale de l’ONU

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