Seule l’éducation prénatale peut sauver le monde ! 

Le 4ème Forum Mondial Sur l’Apprentissage Tout Au Long de la Vie qui s’est tenu à Paris en février 2015, à l’UNESCO, a présenté un programme de thèmes liés à l’éducation : « Les adultes sont mal à l’aise pour communiquer avec leurs enfants. Les jeunes ne savent pas à qui poser leurs questions délicates. Comment surmonter l’échec de l’éducation à la sexualité ? L’école est-elle un bon endroit pour en parler ? L’éducation des filles, véritable urgence ! » Des sujets qui nous donnent un aperçu sur la situation de l’éducation d’aujourd’hui. Un autre forum sur l’éducation organisé par l’ECOSOC qui a eu lieu en juillet 2011 au Palais des Nations Unies à Genève, a considéré l’éducation comme thème central pour l’avenir de l’humanité, et a exposé la nécessité d’une éthique.

L’OMAEP considère que cette éthique doit être basée sur des valeurs durables, immuables et non pas sur la base de conventions humaines, souvent l’expression d’intérêts égoïstes et limités, ainsi que sur la connaissance profonde de l’être humain, de sa structure. Ceci peut se réaliser à travers une synthèse holistique des valeurs fondamentales de la vie, contenues dans divers domaines d’activités humaines. Autrement la science, autant que la spiritualité et l’art pris individuellement deviennent sectaires parce qu’ils ne couvrent qu’un seul secteur du cercle de la réalité. Nous nous devons d’accueillir davantage les valeurs de l’esprit car, comme l’a prophétisé André Malraux, « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Et l’espoir est permis puisque nous constatons que toute une série de principes d’ordre philosophique et spirituel, énoncés depuis des millénaires, sont en voie d’être intégrés dans les valeurs de la société d’aujourd’hui.

Comment faire ?

Le Petit Larousse définit le spiritualisme comme « une doctrine qui considère l’esprit comme une réalité irréductible au corps, à la matière et lui attribue une valeur supérieure (par opposition au matérialisme). » C’est ce que Platon exprimait en révélant l’existence des idées comme objets de connaissance et apartenant à une hiérarchie ontologique. Il posait ainsi les bases d’une éthique de la philosophie idéaliste, créationniste. À l’autre pôle, Aristote considérait les formes agissant au sein des choses de manière immanente comme les principes fondamentaux du monde, qu’il préférait à la transcendance des idées et d’un Créateur. Il posait ainsi les bases de la logique d’une philosophie matérialiste, évolutionniste, comme celle plus tard adoptée par Darwin.

Nous faisons partie d’un « Tout » qui englobe notre vie aussi bien matérielle qu’énergétique et spirituelle. La Loi de relativité  nous montre que l’énergie est identique à la matière, mais à des degrés vibratoires différents. L’attraction entre ces deux pôles, énergie et matière, déclenche un mécanisme d’action et de réaction qui entretient le mouvement vital de l’âme dans le monde de la matière. Comenius, considéré comme le père de l’UNESCO, disait que « C’est l’âme humaine qu’il faut éduquer ! » Ce processus d’éducation de l’âme, de sa spiritualisation, est bien illustré par l’éclectisme du XIXe siècle, qui préconisait l’unification de la philosophie et de la religion, déjà annoncée par Socrate et Platon.

Les scientifiques commencent enfin à reconnaître la légitimité de la science de l’esprit, étant donné que la vie spirituelle repose également sur des lois. D’ailleurs, des scientifiques de notoriété, comme Albert Einstein, David Bohm, Erwin Schrödinger, Werner Heisenberg, Alan Turing et beaucoup d’autres ont ouvertement déclaré qu’une compréhension scientifique plus complète de la réalité physique ne pourra être garantie que par une perspective holistique, universelle. De plus, la physique quantique a démontré que nous vivons dans un « Tout » cohérent et sommes responsables de notre avenir, en tant que cocréateurs de la réalité qui nous entoure. Tout cela rend possible aujourd’hui l’éducation de l’être humain dans sa globalité physique, psychique et spirituelle. Par conséquent, nous pouvons compléter la connaissance exacte de la réalité extérieure (en latin scientia) – contenu de base de l’instruction d’aujourd’hui – par la connaissance intérieure (en grec έσωτερικóς / esoterikos) de l’être humain, afin de bénéficier pleinement du fonctionnement des lois universelles qui régissent notre psychisme et notre vie.

Le temps est venu, enfin, de se positionner différemment vis-à-vis de la spiritualité, de l’ésotérisme et des traditions millénaires, avec discernement et sans les mélanger avec toutes sortes de déviations sectaires. Pour y arriver, nous devons avoir le courage et surtout l’humilité de nous remettre profondément en question, car « C’est l’humilité qui  empêche les esprits infernaux de nous tromper », nous conseille la sagesse chrétienne. Dans ce sens, en pensant aux exemples de réussite dans l’histoire de l’humanité, c’est la Grèce antique qui s’impose à nos yeux comme source d’inspiration, illustrée par son époque de gloire et sa pléiade de philosophes et d’artistes de génie.

Comment tout cela a-t-il été possible ? C’est Aristophane qui nous éclaire en décrivant Les Thesmophories la fête initiatique annuelle destinée aux femmes mariées, qui avait lieu dans les cités de la Grèce antique et réunissait toutes les jeunes mariées. Les prêtresses du temple de la déesse Déméter enseignaient aux femmes à mesurer leur puissance formatrice en tant que mères et la manière dont elles devaient se servir de cette puissance naturelle pour mettre au monde des enfants sains de corps et d’esprit, capables, responsables et utiles au bon fonctionnement de la société.

Comme la jeunesse représente notre avenir et cela nous concerne tous, nous devons nous occuper de son éducation. Mais pour y arriver, nous devons commencer par l’éducation des futurs parents, afin qu’ils sachent vivre harmonieusement la période des processus prénatal et périnatal : préparation, conception, gestation, naissance et allaitement. C’est lors de la conception que l’essentiel du bagage génétique des parents est transmis au fœtus et beaucoup d’aspects de ce bagage sont activés – ou non –  durant les neuf mois de gestation et pendant l'accouchement. A la naissance, 98% de ce programme génétique est pratiquement établi et sera complété par l'éducation que l'enfant recevra jusqu’à l’âge de 7 ans. (Réf. : John Grinden, Richard Bandler, Jean-Pierre Garnier Malet, Michêle Noël, etc.). Ainsi, pour éduquer leurs enfants, les parents se doivent de devenir des éducateurs, des modèles, sachant que l’influence qu’ils exercent sur leur développement est à son maximum pendant la période prénatale.

Alors, pourquoi ne pas essayer de réactualiser l’expérience historique de la Grèce antique concernant l’éducation prénatale et introduire dans les écoles des cours de préparation à la parentalité, comme la Grèce antique l’a expérimenté avec succès.

Heureusement, les recherches récentes sur les neurones-miroirs et la mémoire cellulaire démontrent l’importance de la période prénatale pour la formation d’un nouvel être. Il existe une interaction permanente entre les niveaux psychiques et physiologiques de l’individu, entre les émotions et les activités intracellulaires. Autrement dit, nos pensées, sentiments et sensations s’interpénètrent et agissent sur notre organisme physique et psychique, s’enregistrent dans l’eau cellulaire, dans l’ADN nucléaire et mitochondrial, jusqu’à en modifier des programmes génétiques. Nous pouvons ainsi contribuer à ce que la jeunesse de demain soit mieux équipée pour faire face, grâce à son intelligence, aux  difficultés de la vie et les résoudre sans violence.

L’OMAEP, l’Organisation Mondiale des Associations pour l’Education Prénatale, ONG en statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC à l’ONU, s’est engagée avec détermination pour introduire l’éducation prénatale et parentale dans les écoles et universités, ainsi que de propager, par tous les moyens de communication, des informations utiles pour les futurs parents. Elle déjà a coordonné quatre projets européens subventionnés (2007, 2009, 2011 et 2017), ayant comme sujet principal la diffusion de l’éducation prénatale dans différents milieux. En partenariat avec L’Université pour les Etrangers de Pérouse, Italie, l’OMAEP a participé en 2015, au premier Cours Universitaire européen de spécialisation en Education Prénatale.

Nous avons besoin aujourd’hui d’une éducation qui enseigne le fonctionnement des lois universelles de la vie et comment satisfaire les besoins profonds de notre psychisme, afin de savoir vivre en harmonie. Et il est nécessaire d’agir aux causes afin que réellement les conséquences soient positives. Dans ce sens, le pédagogue philosophe Omraam Mikhaël Aïvanhov, nous présente dans son livre « Une éducation qui commence avant la naissance »*, comment le processus chimique de la galvanoplastie peut nous aider à comprendre (par analogie) les applications spirituelles dans le processus d’éducation aux sources de la vie. Ce livre est une des bases principales d’inspiration pour notre travail.

Bien que l’environnement soit axé aujourd’hui sur l’analyse et que la société se soit transformée en une armée de spécialistes, nous devons admettre la nécessité d’une vision de synthèse qui permette de comprendre la vie dans sa globalité. Cela nécessite un changement de mentalités, ce qui est une des choses les plus ardues à atteindre et requiert souvent des siècles. Mais heureusement, à travers une éducation prénatale, nous pouvons sortir plus rapidement de ce long processus. Ainsi, au fur et à mesure, d’ici deux ou trois générations, la société pourrait changer favorablement. C’est dans ce sens que nous affirmons que: seule l’éducation prénatale peut changer le monde !

Gheorghe Anton

CH – Crissier, le 19 janvier 2018

* Editions Prosveta, collection Izvor, France 1986